• Mirage

    La soif...

    Horreur impie qui rongeait la gorge du vieux de ses crocs dentelés et de sa langue râpeuse, tel une coulée de sable asséchant chaque parcelle de son corps, s'infiltrant dans les plus profond recoin de celui ci, l'assaillant de l'intérieur. La soif...Ce parasite rampant, rôdant au tréfonds de ses entrailles, harcelant ses sens sans répit, dans l'attente d'une rasade d'eau qui viendrait satisfaire son appétit gargantuesque le temps de quelques heures. Le souffle du désert, bouffée de chaleur fiévreuse, inspirait à ses sens quelques folies passionnées. Son oeil, rendu fou et sec par les parfums dans l'air, détaillait quelques sylphides fuyantes, drapées de leurs voiles de soie ocre et sable, qui déjà s'évanouissaient au loin, poussées par les vents, les courants et la chaleur. Le bruit de ses pas, sons feutrés s'égarant entre les dunes, lui semblaient être le sifflement langoureux d'un aspic égaré entre les roches chaudes de la péninsule, se lovant au coeur de l'ombre fraîche qu'elles avaient à offrir. Son oreille, éprouvée par la litanie murmurante du vent, s'abandonnait à quelques douces rêveries; il lui semblait entendre, par delà les étendues de sable brûlant, par delà les dunes innombrables, le doux chant d'une femme. Il l'imaginait jeune, le teint mat, halé par le soleil mordant, un châle bleu indigo épousant amoureusement les formes de son corps, alors que sa longue chevelure châtain et délicatement ondulée, flottait au rythme des soupirs d'Eol. Son visage lisse, tendrement moucheté d'un brun exotique, était souligné par le fin dessin de sa mâchoire et de ses lèvres pulpeuses. Il pouvait discerner ses pommettes saillantes et ses sourcils fins, qui encadraient ses yeux étincelant - deux astres crépitants, furtifs flamboiements d'une flamme mourante. L'homme, d'une mains aux doigts noueux, vint palper le vide remplissant l'étendue devant lui. Il effleurait sa draperie, l'oeil luisant d'une douceur lubrique devant cette chair interdite et fuyante qui venait s'offrir en spectacle à ses regards comblés.

    Là bas, sous l'arbre aux feuilles jaunies par l'âpre morsure d'un soleil éclatant, git l'ombre fraîche et protectrice, où viennent s'abriter quelques reptiles taciturnes - l'ombre couve et protège les esprits des déflagration rayonnantes des cieux infinis, où flotte, rêveuse, l'étoile chimérique, de l'homme passionnément assoiffé.

    Ô, puisse-tu éclairer un nouveau de mes jours, toi mon coeur palpitant, toi l'allonge de mon horizon, ton mon unique amour et ardent soleil.

    Zehara

    Mirage



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  • Commentaires

    1
    josy-josy
    Lundi 16 Juillet 2012 à 10:40

    Bonjour,


    Je me suis permise de venir dans ton univers..  Ton texte est superbe..


    Si tu le permet, je reviendrais tres souvent lire chez toi .


    Amitiés


    JOSY

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